Vous vous levez le matin. Encore une nuit agitée, vous avez dormi, oui mais ce matin vous sentez votre corps lourd, et pensez déjà à la fin de journée. Encore une journée de travail…! Il faut que je fasse ceci, cela, et puis ne pas oublier ça, etc… Vous vous levez péniblement, sans grand enthousiasme,  et allez mécaniquement prépare votre café. Ce ne sera pas le dernier, mais quoi? Il faut bien tenir, non? La journée se passe perdue dans des brumes de conscience. Vous avez rattrapé comme vous pouviez les différentes tâches urgentes et vous rentrez chez vous… exténuée. Qu’est je donc fait de si agréable aujourd’hui? De si ressourçant? Vous ne savez plus où vous en êtes? Le physique et le psychique vous lâchent? Alors, attention! Vous êtes peut-être en début de burn-out.

Qui suis-je pour parler du burn-out?

Je connais ces symptômes. Je les ai vécu il y a deux ans, et c’est pour cela que vous n’avez plus entendu parler de moi cette dernière année… Mon burn-out a littéralement dévasté tout sur mon passage. Cela a commencé avec un email que j’ai envoyé à mon boss un samedi soir, où je spécifiais que je ne voulais plus travailler et que je démissionnais dans les trois mois. Heureusement, mon chef, qui me connaissait, a immédiatement compris que je n’allais pas bien. Jusqu’alors, j’aimais mon travail, ou tout du moins je m’investissais dans beaucoup de projets (trop!) et j’étais semble-t-il très partante pour de nouveaux horizons.

Allumette éteinte

Oui mais… je faisais beaucoup trop! Pour une reconnaissance de mon travail quasi-nulle… Alors qu’était donc mon envie de réaliser de nouveaux challenges? Un besoin de me retrouver reconnue. Ma soif de m’investir? Idem. Mais mon corps et ma Psyché ont dit STOP! Alors ça a été la descente aux enfers: Crise psychotique, besoin de dormir 11 heures par jour (plus des siestes de 2 à 3 heures), je me suis retrouvée du jour au lendemain à ne plus pouvoir rien faire.

Conséquence: séjour en clinique de plusieurs semaines, arrêt de travail prolongé de plusieurs mois et reprise pénible et difficile vers un quotidien structuré, où le travail prend sa place… mais pas plus! J’ai appris à gérer mes besoins, qui ne se trouvaient pas ou ne s’épanouissaient pas au travail et je balance maintenant de plus en plus harmonieusement entre mes besoins professionnels, familiaux et personnels. En tout, cela aura duré deux bonnes années.

Qu’est ce que le burn out?

Alors pour ne pas en arriver là, étudions d’abord ce qu’est le burn-out. Il y a trois types de burn-out identifiés, tous liés à la façon dont nous nous impliquons au travail, mais de façon différente. Cela est très personnel, et dépend de notre propre fonctionnement. Il y a:

  • Le burnout lié à la surcharge de travail. C’est surtout le cas pour les travailleurs acharnés, impliqués dans l’entreprise et ambitieux. Ils sentent qu’ils mettent en péril leur santé et leur vie personnelle mais essaient à tout prix d’obtenir de bons résultats dans leur travail, car c’est inconsciemment devenu plus important.
  • Le burnout lié à l’ennui et au manque de développement personnel. Il affecte des employés dont les capacités sont sous-sollicitées et qui doivent composer avec un travail monotone et non stimulant. Ils souhaiteraient être dans un emploi qui leur permettrait davantage de développer leurs capacités. Ce type de burnout est particulièrement associé au cynisme.
  • Le burnout lié à l’usure. Il est lié à une attitude d’abandon face au stress ou à l’absence de gratification et se manifeste par de la négligence à l’accomplissement du travail. Même si ces employés peuvent vouloir atteindre certains buts, ils manquent de motivation pour surmonter les difficultés.

Ne croyez-pas que ces trois types de burn-out soient dissociés. Pour ma part, j’ai eu un burn-out lié à une surcharge de travail car, paradoxalement, je m’ennuyais dans celui-ci et avait besoin de me développer personnellement. Ma première solution (et pas la bonne!) a été de me surcharger de travail. Je n’avais pas de reconnaissance, je m’ennuyais, mais j’avais tellement de choses à faire que j’oubliais cet état de fait!

Les symptômes précurseurs du burn-out

Oui mais voilà, comment savoir si son insatisfaction au travail est encore gérable, ou si elle mène tout droit vers un burn-out? Voici quelques symptômes, qui cumulés entre eux, pourraient vous donner la puce à l’oreille:

Les signes physiques:

  • Fatigue, Insomnie
  • Problèmes de digestion et manque d’appétit
  • Vulnérabilité accrue aux maladies, tout le temps malade
  • Éreintement et le sentiment d’être à bout de forces
  • Problèmes de concentration

Woman clock

Les signes psychiques:

  • Ne plus différencier vie privée et vie professionnelle
  • Sensation d’être décentré(e), réagir comme un robot
  • Sentiment de perdre son identité
  • Anticipation et appréhension exacerbées de tout évènement professionnel ou extra-professionnel non prévu ;
  • Attitude générale pessimiste
  • Baisse de moral, tristesse

Les signes du quotidien:

  • Horaires à rallonge (arriver plus tôt que d’habitude au travail et en repartir plus tard durant plusieurs semaines)
  • Travail mécanique (impression de passer en « pilotage automatique ») , Robot
  • Repas décalés ou oubliés
  • Non-écoute des mises en garde de l’entourage et/ou du médecin
  • Passer d’un sujet à un autre, sans jamais terminer ou clore une discussion ou un projet

Je vous conseille aussi de répondre à ce questionnaire, le test de Copenhagen, qui vous donnera un peu plus d’informations sur votre état de santé par rapport au burn-out.

Le burn-out n’est pas une histoire personnelle

Il est important de se rendre compte que le burn-out est souvent en lien avec un décalage entre notre travail et la façon dont il est perçu. Je vous conseille donc d’aborder les points suivants:

  • Avez-vous un manque de possibilité d’autonomie et de contrôle dans la réalisation des tâches (manque d’opportunités de participer aux décisions…)?
  • Y-a-t-il un déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance obtenue (salaire, respect…)?

Harassement at work

  • Avez-vous un faible soutien social de la part de l’employeur ou des collègues? Vous sentez-vous isolé dans votre travail?
  • Manque-t-il une communication de la part de la direction concernant la vision et l’organisation de l’entreprise?
  • Devez-vous accomplir des tâches contraires à l’éthique ou aux valeurs personnelles ou doutes sur l’utilité du travail?

Si vous avez répondu Oui à au moins l’une de ces questions, il est temps de prendre les choses en main et d’aller voir votre RH ou votre chef. Si vous avez répondu Oui à plus de trois questions, attention! Le terrain est propice à un burn-out…

Comment réagir à un burn-out?

Vous vous reconnaissez dans beaucoup de ces symptômes décrits ci-dessus? Alors peut-être souffrez-vous d’un burn-out latent ou déclaré. Dans ce cas, je vous conseille au plus vite les points suivants:

  • N’hésitez pas à consulter votre médecin traitant si vous avez une bonne communication avec lui, ou un/une psychothérapeute. Ils sauront mieux diagnostiquer votre état et vous aider dans sa prise en charge. Peut-être avec un séjour en clinique, une balnéothérapie ou un congé de longue durée le cas échéant.
  • De même, je vous conseille d’aller voir au plus tôt les ressources humaines de votre entreprise pour signaler un danger de burn-out. S’ils font bien leur boulot, ils sauront comment gérer la situation et trouver des pistes de solution pour accommoder votre temps, gérer des tensions éventuelles avec votre supérieur, ou vous soutenir dans une thérapie et un arrêt maladie adapté.

Ce qui est important, c’est de ne pas rester seule et isolée face à ce problème. Cela n’ira qu’en empirant! En mettant votre hiérarchie et les RH dans le coup, vous avertissez les personnes concernées que non seulement vous risquez votre santé, et donc la bonne marche de votre travail, mais que quelque chose de dysfonctionnel existe probablement dans l’entreprise ou la société dans laquelle vous travaillez. Oui, vous avez le droit de vous déclarer au bord du gouffre! Non, ce n’est pas un problème lié à vous seulement, mais bien un dysfonctionnement de l’entreprise. Vous n’avez aucune honte à tirer la sonnette d’alarme, bien au contraire!

Quelques conseils pour éviter le burn-out

Avant que le burn-out se déclenche, et si vous sentez qu’il n’est pas loin, voici quelques pistes pour atténuer les symptômes de fatigue émotionnelle, physique et psychique qu’il entraîne:

  • Sachez vous déconnecter! Il n’y a rien de mieux que prendre quelques espaces bien à soi, où rien ne vient vous empêcher de faire votre travail ou vous reposer. Prenez l’habitude de vous déconnecter entièrement, en mettant le portable sur avion, en déconnectant l’email, et le cas échéant en déclarant que vous n’êtes pas disponible pour une ou deux heures (un signe bien distinctif sur son bureau peut faire l’affaire, j’avais pris l’habitude, étant dans un open space, de dire que je n’étais pas dispo quand j’avais des écouteurs aux oreilles).
  • Lâcher-prise. N’oubliez pas que personne n’est irremplaçable… même vous! Je me suis rendue compte quand j’étais en burn-out et donc absente, que mes employés se déboruillaient quand même très bien pour faire marcher la boutique. Pas à 100%, mais suffisamment pour la faire fonctionner. Alors accordez vous des pauses POUR VOUS, régulièrement, et forcez-les si vous êtes encline à travailler non-stop pendant deux heures de suite. La technique Pomodoro (25 minutes avec 5 minutes de pause), est parfaite pour cela. Voyez aussi mon article sur la charge mentale.
  • Le sport ou l’activité physique. Quand le mental court à toute allure, le corps devrait en faire autant pour compenser! N’oubliez pas que vous êtes aussi un corps, qui a besoin de se ressourcer et de travailler autant que votre tête. Privilégiez un rapport harmonieux entre les deux. Une bonne astuce? Levez vous de votre siège et allez-voir vos collègues pour discuter avec eux. Le relationnel est quelques chose de magnifique pour se ressourcer et se recentrer.
  • Écrivez chaque jour les trois meilleurs moments de votre journée au boulot… Ainsi que les frustrations si vous en avez eu! Oui, j’aurais tendance à vous dire de ne garder que le positif d’une journée, mais dans un risque de burn-out, c’est aussi un risque d’éluder les problèmes latents qui nous minent. Pour s’en rendre compte, rien de mieux que de noter ses frustrations pendant disons un mois, et de réfléchir dessus en reprenant les questions dans la section “le burn-out n’est pas une histoire personnelle.”
  • Enfin, établissez des limites. Au bureau, fixez-vous trois objectifs par jour, planifiez la lecture des mails et privilégiez le relationnel. Et, encore une fois, déconnectez une fois sortie du bureau !

Balance

En conclusion…

J’espère que ces conseils vous aideront pour ne pas tomber dans le burn-out, qui est un symptôme malheureusement de plus en plus répandu et qui peux vous gâcher plusieurs années de votre vie! Bien que j’ai réussi à m’en sortir de façon positive en apprenant ce dont j’avais besoin et ce que je voulais grâce à cette période, je suis persuadée qu’il existe des moyens plus sains, et moins douloureux pour arriver au même résultat. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter dans les commentaires ci-dessous ou via mon email, je vous aiderai autant que je peux!

Bon épanouissement!

Claire

 


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