Il est temps de faire les courses. Vous pensez à chaque ingrédient qui manque, tentez d’imaginer les repas prévus pour la semaine en essayant de diversifier les menus pour éviter le jambon pâtes à toutes les sauces pour les enfants, vous vous refrénez sur certains aliments pour ne pas avoir à faire deux menus distincts, rajoutez le muesli préféré de votre fils et la pâte à tartiner de votre grande fille. Ça vous fait d’ailleurs penser qu’il faut lui prendre un RV chez le dentiste, ah! et d’ailleurs aussi pour votre fils, son contrôle médical des six ans. Vous pensez même à vous cette fois-ci en rajoutant la moutarde aux figues que vous aimez tant, et bien sûr à votre cher et tendre qui n’a presque plus de rasoirs. Votre fille vous interrompt pour lui demander de chercher avec elle sa poupée en forme de sorcière, et vous calmez le petit dernier qui a raté une fois de plus son dessin de cowboy à cause du chapeau. Après une petite demi-heure de tergiversations et d’interruptions de toutes sortes, vous avez enfin votre liste de courses prête. Votre partenaire arrive, prend la liste des courses et part seul faire les emplettes en moins de deux en suivant pas à pas votre liste. Content, IL a fait les courses.

Ça vous rappelle peut-être quelque chose? Et bien, votre quête de conquérante pour établir la liste des courses s’agit de charge mentale. Vous voyez peut-être déjà ce que ça veut dire, ou tout au moins vous le ressentez profondément, mais comment ne pas y succomber? Voici la liste des 5 meilleurs articles que j’ai trouvé sur le net et qui expliquent à leur manière différents aspects de ce syndrome à la fois très courant et diablement difficile à mettre en évidence. On y va? C’est parti!

1) Emma dessine merveilleusement bien la charge mentale.

Ça a fait la une des journaux en 2016, grâce au talent d’Emma, qui a su comment montrer avec beaucoup d’humour et de perspicacité ce qu’était la charge mentale ménagère. Dans cet article de l’Express, la blogueuse sur facebook et informaticienne de profession détaille d’où lui est venue l’idée de mettre la charge mentale en BD.

Partant de sa propre expérience, elle a montré comment celle-ci est différente du partage de tâches. En effet, ce n’est pas tant de faire les choses, que de devoir y penser qui pompe de l’énergie. Emma démontre à merveille comment certains hommes “aident” leur compagne à accomplir les tâches, mais juste celles pour lesquelles ils ont été sollicités.

Elle dénonce aussi avec justesse cette tendance qu’ont certains hommes à demander constamment ce qu’ils doivent faire dans le ménage. Bien que l’on puisse ne pas se retrouver complètement dans sa vision parfois très tranchée de la problématique, Emma arrive quand même à appuyer judicieusement là où le bât blesse.

2) La charge mentale c’est superviser tout.

Dans cet article, également de l’Express, les auteurs reprennent la définition de la chercheuse Nicole Brais de l’Université Laval de Québec qui définit la charge mentale comme “ce travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence.” Le mot intangible est important, car il est en effet très difficile de quantifier un excès de charge mentale. “Tout est dans la tête” contrairement au partage de tâches qui peut être mesuré.

D’ailleurs, les auteurs soulignent une étude de l’INSEE sur les tâches domestiques qui montre qu’en 2010, les femmes prennent toujours en charge 64% des tâches domestiques et 71% des tâches parentales au sein des foyers. En outre, le temps que les hommes consacrent aux tâches domestiques n’a pas évolué en 25 ans. Ici aussi, il y a des efforts à faire…

3) La charge mentale, terme bien adapté à notre société toujours plus rapide et connectée.

Dans cet article très fouillé de Libération, l’auteure nous raconte l’histoire de la charge mentale, notion qui trouve son origine dans le monde du travail des années 80. Bien que terme flou, il est alors défini comme “l’obligation de faire face à une multiplicité de demandes dans un délai très court, provoquant interruption, fragmentation, émiettement du travail”. Il est ensuite repris par la sociologue Monique Haicault pour désigner la “double vie” des femmes travailleuses. Le terme disparaît ensuite peu à peu pour être de nouveau propulsé en 2017.

Qu’est-ce qui a changé? Rien sur le fond, les contraintes pour concilier travail domestico-familial et vie professionnelle sont toujours là. Ce qui a changé par contre, c’est le rythme toujours plus élevé de notre société technologique, où l’on peut difficilement imaginer être déconnecté plus de quelques jours. Un parallèle peut être alors établi entre le flux incessant des multiples tâches qui envahissent notre tête et les multiples sollicitations de nos activités technologiques.

Répondre aux emails ou simplement trier ceux qui ne sont pas pertinents, réseaux sociaux, sms, journaux en ligne, la charge mentale technologique est plus que jamais d’actualité. Ce sont toutes ces micro-sollicitations qu’il convient de trier en permanence. C’est éreintant, et pas franchement productif.

Woman in Snow
Quand les sollicitations incessantes viennent de partout, comme des flocons de neige dans un blizzard, on ne sait plus où donner de la tête

4) La charge mentale, c’est un problème d’attention partielle continue.

Que ce soit dans le domaine familial ou au travail, la charge mentale est avant tout un problème d’attention. La charge mentale implique d’avoir une attention constante et continue, de devoir penser à tout, dans des temps très courts. L’auteure américaine Linda Stone le résume très bien: c’est ce désir (ou cette nécessité) d’être un nœud central du réseau familial ou professionnel. À petite dose, c’est un comportement qui peut être très bénéfique, lors du management de crises par exemple.

Mais lorsque cet état mental se prolonge sur une durée de plusieurs mois, plusieurs années, il compromet notre capacité à réfléchir, prendre des décisions en accord avec nous même et penser de façon créative. Comme l’auteure le souligne, la charge mentale est avant tout un problème d’attention. Le but alors n’est pas tant de gérer son temps, que de gérer son attention. Et c’est dans cette optique là que le dernier article nous renseigne justement sur les moyens de reprendre contrôle de son attention, ce qui paradoxalement, peut consister à la laisser vagabonder.

5) Quelques conseils pour alléger sa charge mentale.

Dans cet article paru dans le magazine Psychologies, les cinq conseils donnés consistent en effet en un subtil mélange de gestion de temps et d’attention. On y trouvera les points suivants:

  • Accepter de perdre du temps. Avant de foncer tête baissée dans la réalisation de toutes les tâches qui nous attendent, mieux vaut se poser, et réfléchir à l’importance ou l’urgence de chacune. Et c’est justement quand le temps manque qu’il est nécessaire d’en perdre pour ne pas se perdre… Vous me suivez? Comme Winston Churchill dit à son conducteur alors qu’il se rendait à un rendez-vous important, “Conduisez lentement, je suis pressé.” Alors au lieu de courir pour ranger un livre, récupérer un doudou qui traîne, ce qui fait penser que la lessive n’est pas faite, mais vous n’avez plus de lessive, il faut en racheter etc. STOP! Faites les choses une par une, en plein conscience, quitte à devoir faire beaucoup plus d’allers-retours dans la maison. La marche ne fatigue pas, le multi-tâches, oui!
  • Relativiser et pratiquer la cohérence cardiaque pour se calmer mentalement. Comme les auteurs l’indiquent, “le cerveau ne peut pas faire deux choses à la fois : stresser et chanter“. En cas de panique, là encore, s’arrêter et prendre quelques minutes pour effectuer une respiration en cohérence est bénéfique. Si vous ne savez pas ce qu’est la cohérence cardiaque,
  • Lâcher-prise. L’indulgence envers soi-même est primordiale. Vous n’avez pas le temps ou l’énergie de préparer quelque chose de bon pour vos enfants? La table basse du salon est de nouveau encombrée? Lâchez du lest! Et ne vous culpabilisez pas pour cela. Ne plus faire attention peut être la solution “suffisamment bonne,” pour reprendre le terme du pédopsychiatre et psychanalyste Winnicot.
  • Se faire aider. En famille, il peut s’agir d’organiser une réunion autour de la table de la cuisine pour responsabiliser tout le monde et déléguer ce qui est possible. N’hésitez pas à partager cet article avec votre conjoint et regardez ensemble la vidéo ci-dessous. Mais se faire aider, c’est aussi accepter que les choses ne soient pas forcément comme nous aimerions les voir… Alors de la tolérance pour tout le monde!
  • Prendre du temps pour soi. Ce dernier point est sans doute un des plus importants. Se réapproprier le temps en se bloquant des rendez-vous pour soi est la meilleure des thérapies. Il ne s’agit pas d’attendre que l’occasion se présente (qui pourrait ne jamais venir), mais bien s’accorder un moment fixe et noté dans son agenda rien que pour soi. Et c’est bien un temps de qualité pris à se dorloter ou pratiquer une activité que l’on aime qui recharge à bloc notre énergie psychique. Ne vous négligez pas!

Alors? Résultat des courses? Et bien, pour terminer, je vous conseille de vous installer confortablement dans votre canapé, un verre dans une main, l’autre dans celui de votre conjoint, et de regarder ensemble cette vidéo étonnante, où un homme explique merveilleusement bien pourquoi il n’aide pas sa femme.

Et vous? qu’en pensez-vous? Êtes-vous touchée par la charge mentale? Comment la gérez-vous? Dites-moi tout en commentant cet article. Et si vous voulez aller plus loin, n’oubliez pas de télécharger mon guide gratuit « 5 étapes pour croire en Soi » ci-dessous.

Bon épanouissement!


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